mercredi 28 mars 2007

Viens, un nouveau jour va se lever...

... chantait Jacques Michel, et tant pis si je trahis mon âge! Non, je ne vous annonce pas l'arrivée ou la naissance d'un nouveau blogue. 33 jours termine ce soir son existence. Mais avant, j'ai envie de partager une dernière conversation avec vous. On s'assoit, on s'ouvre une bière, on s'allume une cigarette... ok, peut-être pas, mais on jase là, comme dirait Guy A.

Il s'est écrit beaucoup de choses depuis lundi, et les analystes, commentateurs, ti-joe connaissants de tout acabit arrivent tous plus ou moins à la même réflexion: les grands partis sont dû pour une remise en question.

Au contraire, je pense que c'est la société québécoise dans son ensemble qui est due pour une remise en question, ou à tout le moins une sérieuse introspection collective. Pour moi, le résultat de lundi soir trahit, plus que jamais, le malaise dans lequel nous vivons. Une gang de "me, me, moi" ne fait pas une société. La meilleure quote de la campagne revient à Chantale Hébert, questionnée sur ce qui l'avait frappée et qui a répondu: "le vide". C'est ça. Le vide.

On a échangé les confesseurs contre des animateurs radio/télé qui prétendent avoir toutes les réponses, on s'exprime à qui mieux mieux, en se cachant derrière l'anonymat d'un pseudonyme et en s'insultant mutuellement (et pas toujours dans la meilleure qualité de français!), on se précipite au Journal de Mourial ou de Québec dès qu'on s'estime lésé en espérant faire le "front", on inonde les boîtes vocales de J.E. ou de La Facture pour régler ses problèmes, on engueule le prof pour une mauvaise note de son enfant, on se découvre un nouvel ennemi commun (les ethnies), et on s'abruti collectivement en écoutant les télé-réalités.

Nous n'avons plus de projet collectif, et je ne parle pas nécessairement d'indépendance. Aucun des partis, y compris QS, n'avait de programme dégageant une vision, une direction. Que des promesses, que des morceaux de programme. Je regrette, mais un gouvernement n'est pas un buffet à volonté ou on peut choisir de ne manger que du dessert parce qu'on "feel de même, sti". Nous n'avons plus de "leaders", mais nous voulons des "sauveurs" que nous sacrifions les uns après les autres, quand ils tombent légèrement de leur piédestal.

"Larynx abysmal" me faisait remarquer, à juste titre, que Lesage avait la "Révolution tranquille", la nationalisation de l'électricité, la création de la caisse de dépôt, la création des ministères de l'éducation et de la culture. Bourassa a eu les grands projets qui nous ont permis d'asseoir notre développement économique, le premier traité avec les premières nations, la Baie James, l'assurance-maladie. René Lévesque a fait rêver d'un pays, mais a également légué l'assurance-automobile, la Loi sur le financement des partis politiques et la Loi 101. Depuis? Notre dernier projet collectif a-t-il été le déficit zéro? Depuis? On est géré par des comptables, des commis d'épicerie et des gérants de caisse populaire. Le "modèle québécois" a certes besoin d'être revu, mais pas scrappé. Notre avenir ne doit pas ressembler à un relevé bancaire, ou s'aligneront les dépôts et les retraits. Nous avons besoin d'un livre à colorier...

C'est probablement plus facile de rejeter le blâme sur l'autre, sans prendre la responsabilité de quoi que ce soit. Alors on peut continuer à se dire que les partis devront repenser à leurs affaires, mais ça ne changera rien si, individuellement et collectivement, nous ne faisons pas un sérieux ménage dans nos priorités et que nous n'acceptons pas de reconnaître que nous avons également une part de responsabilité dans tout ce qui nous arrive. Dans 8 mois, ou dans 4 ans, quand on aura essayé Mario Dumont et qu'au fond, ça n'ira ni mieux ni pire, on va se dire que c'est de la marde la politique, et on retournera chialer dans notre cour en mangeant nos hots-dogs sur le charcoal...

Je viens d'une région, je suis un code régional mutant depuis quelques décennies et je n'ai pas envie d'élever mes enfants dans une société qui se définit en réaction à, plutôt qu'en action avec. Mes enfants ont des amis à la peau brune, et les filles trouvent jolis les foulards des musulmanes, inconscientes qu'elles sont du symbolisme religieux. Et c'est très bien comme ça. Mes enfants apprécient le couscous ET les fèves au lard. Ils savent reconnaître leurs erreurs et dire "je m'excuse" quand ils ont tort. Et jamais je n'accepterai qu'ils rejettent leurs responsabilités sur le dos des autres. À mon humble avis, c'est très différent du "mettre ses culottes", mais peut-être que je fais trop dans la nuance.

Quoiqu'il en soit, les partis politiques sont le reflet de ce que nous sommes, puisqu'ils sont constitués d'individus comme vous et moi. On peut choisir d'être dans le train et d'essayer d'en changer la direction, ou d'être sur le bord de la "track" et de crier sans pouvoir faire quoi que ce soit. J'ai longtemps choisi d'être dans le train, et j'ai parfois réussi à imprimer une direction différente. Je suis maintenant sur le quai, mais je continue de croire que le militantisme, peu importe pour quel parti, reste la meilleure solution pour influencer l'histoire. Je nous souhaite que le cynisme ambiant fasse la place à une société qui aura le goût de reprendre son destin en main.

Un dernier propos, plus personnel celui-là. J'ai toujours eu beaucoup de respect pour les gens qui écrivent. Écrire, c'est se dévoiler. En commençant 33 jours, je le faisais pour moi, pour garder une trace de cette campagne. Au fil des jours, j'ai développé un lectorat, on a référencé le site sur d'autres et j'ai eu des propositions de média. A ma grande surprise, j'ai alors senti le "poids" de l'écriture. Ou je devrais dire le "poids" du lecteur. Pas que vous êtes pesants, mais j'ai senti une responsabilité d'honnêteté, de pertinence et de présence quotidienne. Certains soirs, je l'avoues, écrire a été pénible. D'autres soirs, par contre, l'écriture m'a permis, à travers mes petites histoires, d'évacuer des souvenirs ou des frustrations, et j'ai trouvé cela très thérapeutique. J'ai aussi constaté avec plaisir que beaucoup de jeunes semblaient y trouver un intérêt et avait envie de s'informer et d'échanger.

33 jours ne reviendra pas pour une éventuelle campagne fédérale. J'aurais l'impression d'être un vieux mononc' radoteur, et puis les campagnes fédérales sont tellement longues... faudrait faire 57 jours, pis c'est ben ben long, ça! Pis y vont faire ça en plein été, la gang de bonyennes, pis le laptop sur le bord de la piscine, c'est dangereux...

J'ai quand même encore envie de vous lire un peu. Je laisserai donc la section commentaires ouverte jusqu'au weekend, puis je la fermerai. J'ai hésité longtemps, mais je ne ferai pas disparaître 33 jours. Il restera sur la toile.

Merci encore à vous tous.

19 commentaires:

Guy Vandal a dit...

Bravo.

Votre carnet aura été intéressant du début à la fin.

Merci pour la réflexion...

Maxime G. a dit...

Bonjour, M. Profonde ;).

J'ai lu tout au long de la campagne électorale vos commentaires. Ils étaient très instructifs. Ils avaient le profil d'un présumé "vieux" routier de la politique et laissait d'ailleurs paraître de nombreuses cicatrices profondes, comme celles d'un vieux guerrier sage.

Depuis lundi soir, j'ai entendu de nombreux commentaires qui me laissent songeur et inquiet. La table-rase, voilà ce que tous espèrent et craignent. En 2003, le magazine L'actualité avait surnommés les électeurs adéquistes "les chevaliers de la table-rase". Or, lundi, tous en étaient. À bas la société néo-libérale, clamaient de nombreux de mes amis. À bas le Québec des vieux partis, me disaient d'autre. D'autre tentaient désespérément d'espérer que ce n'était qu'un accident de parcours.

Et qu'a-t-on entendu depuis le début ? Les péquistes veulent changer de chef. Les libéraux ne font qu'essuyer leurs sueurs. Les adéquistes célèbrent encore un peu. Et les Québécois sont satisfaits. "Au moins, on a un gouvernement minoritaire". Non, au mieux, dirais-je, les Québécois vont se rendre compte que l'effet teflon, c'est eux qui l'ont.

Plus rien ne se collent à eux. Comme vous dîtes, monsieur, il n'y a que du vide. Du néant. Et on s'invective entre nous, et souvent derrière des pseudonymes.

Quel est l'avenir de la société québécoise ? Je n'en ai pas la moindre idée. Je ne suis pas un sociologue, je ne suis pas un politologue, j'aspire à être un juriste, mais je sais que je ne suis qu'un individu isolé, comme les 7 millions d'autres qui habitent et font respirer ce Québec qui ne se reconnaît plus.

J'ai 19 ans, monsieur Gorge Profonde, bientôt 20. Je suis encore jeune et pleins d'idéaux et j'aimerais tant que mes enfants, qui ne sont pas encore nés, puissent connaître un Québec riche. Riche en ouverture, riche en rêves, riche en réalisations, riche en justice, riche d'amour, riche de verdure. Mais j'ai peur. Très peur qu'un idyllique âge d'or ait été rasé par un malaise social qui vient de bien plus profond que le séisme électoral qu'on a connu lundi.

Et ce n'est pas l'ADQ qui peut l'offrir. Ni le PLQ. Le PQ non plus et malgré toute leur bonne volonté, les nouveaux tiers partis en émergence ne peuvent pas le faire eux-mêmes. En fait, est-ce que la société québécoise a encore la force de se tolérer elle-même ?

Je n'ai jamais cru aux sauveurs politiques. Je n'ai jamais cru aux solutions miracles, aux solutions simples, aux analyses de lignes ouvertes, à celles des blogues d'opinions et encore moins à ce commentaire. Je crois toutefois que le Québec est malade de lui-même.

Je suis tout aussi confus qu'au début de ce commentaire sans plan. Et je crois que de nombreux Québécois le sont. J'espère que l'avenir sera plus rose que ce qu'il laisse entrevoir.

Je vais me permettre de sauvegarder chacun de vos textes en espérant que vous les publiiez un jour. Merci beaucoup pour tous vos billets, ils ont fait l'objet d'une lecture religieuse de ma part. Merci.

MG

Anonyme a dit...

Bonjour madame Profonde,

Que voilà le commentaire d’un boomers qui n’a pas su se garder un petit détachement par rapport à la politique! La politique n’est pas la fin de tout, vous savez. Quand j’étais petit, mes professeurs nous parlaient des banlieues, de la multiplication des enfants uniques et du phénomène des enfants-rois qui en découlait et ils nous avertissaient du virage à droite que la société ne manquerait pas de subir. D’autres fois, ils parlaient du vieillissement de la population et faisaient les mêmes pronostics...
Entre-temps, on a assisté à la naissance de la rectitude politique, et il paraît qu’on ne peut plus parler du vieillissement de la population pour expliquer la montée de la droite… Je ne vois pas pourquoi, c’est normal d’arrêter de vouloir tout chambouler et faire une pause à la fin de sa vie, j’imagine. Voilà mon analyse (savante!) : le Québec s’est mis sur «pause», et ça va durer un bon vingt-trente ans, le temps qu’on rajeunisse collectivement.
La politique n’est pas la fin de tout, disais-je. Une nation, c’est d’abord une culture et si les gens de ma génération refusent d’agiter un drapeau, mais qu’en revanche ils manient le pinceau (il n’y a là rien de sûr!), je pense que nous sommes gagnant. Moi, je ne manie pas le pinceau, mais je bénévole du côté de la culture. La politique a beau me fasciner, la vérité c’est qu’elle m’écoeure. Au début, je disais à mes proche que j’allais voter pour le premier parti qui viendrait déposer un dépliant dans ma boîte postale (grâce à ce stratagème, je n’ai jamais eu à voter, à aucune sorte d’élections – et j’habite Montréal!) Après j’ai lu Cowboy, de Louis Hamelin, et j’ai dit à mon entourage que je voterai pour le premier candidat qui dirait le mot «autochtone».
Mais quand Paul Martin a dit, à la fin du (premier?) débat : «Oui, et je regrette qu’on n’ai pas parlé des Premières Nations dans ce débat», j’ai considéré la phrase comme nulle parce que stagée : c’était la seule phrase qu’il n’avait pas bégayée. Aujourd’hui, voyant son acharnement sur le sujet, j’ai envie de m’excuser et de lui offrir mes services…
Je regarde le débat souverainistes-fédéralistes et je trouve tous les acteurs malhonnêtes. Le Québec souverainiste aurait eu tout avantage (et les raisons idéologiques) à se distinguer sur son traitement des autochtones, et il ne l’a pas fait... Le gouvernement du Canada a reçu récemment la plus mauvaise note qui soit pour la qualité de l’eau qu’il fournit aux autochtones (un exemple parmi tant d’autre qu’il traite mal ses minorités… qui ne font pas ou ne défont pas les gouvernements!) Et, pendant ce temps, le Québec s’autochtonise, selon les dernières données démographiques…
J’aurais aimé qu’après les fonctionnaires de Québec, l’argent et le vote ethnique, une partie des 80 000 autochtones québécois puissent pu servir d’explication pour les 30 000 votes manquant au référendum de 95. Or, on préfère faire comme s’ils n’existent pas (et ne me parlez pas de l’accord avec les Cris, avec lequel nos deux derniers Premiers Ministres se crossent vulgairement depuis cinq ans : le drame des autres nations autochtones, c’est qu’ils n’ont pas de Rupert à offrir en pâture!)
Je crois qu’on vit dans un pays raciste, pour tout dire. Et quand j’ai vu le peu de réactions au reportage d’Achille Michaud sur la communauté de Kitcisakik, j’ai complètement démissionné de la politique. On parque des gens dans des taudis, et pendant ce temps on discute du sexe des anges sans que personne ne s’indigne! À quoi bon s’adresser aux consciences si elles sont endormies?
L’été dernier, un autochtone intoxiqué a poignardé gratuitement quelqu’un dans une rue de la Métropole. Si mon nom avait été sur une liste électorale, j’aurais peut-être été appelé à être du jury représentant la société qui a détraqué cet individu et qui condamne la créature qu’elle a créé à la réclusion. Pas capable.
Je ne sais pas pour les autres, mais ce serait beaucoup plus facile pour moi d’aller voter plutôt que de devoir constamment me justifier auprès de mon entourage.
Merci aux journalistes qui sortent de leur rôle pour me dire qu’il faut que je me joigne à la Farce…
(Une question, en passant : Si je ne suis pas sur la liste électorale, suis-je tout de même abstentionniste?)

P.s. Dans son speach de lundi, Mario Dumont a dit quelque chose comme : «Le Québec rayonne ICI, AILLEURS ET DANS LE MONDE.» Personne n’a relevé. Les analystes de la SRC (et monsieur Derome) ont noté que monsieur Dumont n’avait jamais parlé du Canada, mais de toute évidence… Et que le Canada soit ailleurs, mais pas dans le monde, qu’est-ce que ça veut dire?

Anonyme a dit...

Merci pour ce 33 jours. Ce fut passionnant à lire.

Quant à savoir où va la société québécoise, je pense qu'elle a besoin de se recentrer sur elle-même, de se voir telle qu'elle est rendue avec toute ses variations culturelles, religieuses et autres. Le temps aussi que les régions rattrapent les grandes villes et que celles-ci redécouvrent les régions.

hexonxonx a dit...

Merci beaucoup pour votre honnêteté

EP a dit...

Je ne comprends pas que des gens parlent de « vide » dans les différents discours électoraux, et croient que ce vide reflète vraiment les idéologies des hommes politiques. Vous avez pas compris que c’est ça la « game » au Québec? Dans un monde où les syndicats et les médias péquistes séparatistes tirent à boulets rouges sur tout changement de virgule, j’aurais été le premier à dire des beaux mots creux en espérant être mis au pouvoir. J’aurais ensuite mis mes idées en action. Autrement dit, j’aurais fait le contraire de ce qu’on voit d’habitude : au lieu de faire plein de promesses et de ne pas en réaliser le dixième, j’aurais fait un minimum de promesses, et j’en aurais fait plus que promis.

Bien sûr que le discours est vide. Pas le choix. Sinon ça ne passe pas. Boisclair a essayé de se distancer des syndicats. Résultat? Il s’est fait rasseoir et imposer une poignée de main avec Henri Massé, le vrai premier ministre du Québec. Au Québec, les grands projets, ce n’est plus dans la création de tel organisme ou la construction de telle chose créatrice d’emplois – et donc vénérée par les syndicats. Le grand projet est dans la refonte de la province. Et pour y arriver, il faut camoufler nos intentions. Sinon les médias et les syndicats vont démarrer une campagne de peur.

Bien sûr, ça prend un peu de lucidité pour comprendre qu’il y a une différence entre le discours et l’intention. Sans lucidité, on ne voit que le discours et on croit qu’il reflète les intentions. Erreur.

Pensez-y deux minutes : quand vous connaissez les sujets « chauds » qui peuvent déclencher une chicane avec votre conjoint(e), allez-vous aborder ces sujets au moment où vous voulez votre « nanane » du samedi soir? Bien sûr que non. Vous les aborderez après. Repensez-y : pourquoi le discours pré-électoral est-il creux?

Anonyme a dit...

C'est dommage que ce blog se termine par un si mauvais billet. Non seulement relève-t-il une série de clichés, mais il semble plus que toute chose, reflèter une déception électorale. Notre ami a perdu ses élections.

Ce désir d'avoir à tout prix un projet de société, c'est le désir d'un état fort, c'est la continuité, dans un ton différent, de ce qui fait défaut aujourd'hui.

Gorge profonde ou l'éteignoir masqué....

Zed Blog a dit...

Merci pour vos billets, Monsieur.

La société, c'est vous, c'est moi, c'est nous. Nous sommes le train. À nous d'agir et de le conduire.

Beaucoup de gens on voté pour des valeurs. la famille, l'égalité femme/homme (opposition aux raccommodements irraisonnables), l'éducation, etc. Comme seule l'ADQ offrait des valeurs en pâtures et était suffisamment près des électeurs pour savoir quoi offrir, beaucoup de gens sont allés là.

C'est bien, de voter pour des valeurs. Un parti doit représenter qui nous sommes ce que nous voulons mettre de l'avant (projets économiques, idéologiques, etc.). Le ciment d'un peuple, c'est ses valeurs et son pays. Encore non construit, ici, encore à « gardez la ligne afin de conserver votre priorité d'attente ».

Malheureusement, les débats, quand ils ont existé, ont à peine été effleurés. Nous avons à apprendre le débat, le véritable débat, cesser d'avaler les couleuvres et discuter des véritables problèmes et valeurs.

Et les partis doivent se souvenir de cela, eux aussi, cesser de quitter la terre pour voler on ne sait trop dans quel espace, où les paroles n'ont pas de racines et les promesses servent à faire augmenter le nombres de votes.

Où que vous soyez, bonne continuité!

Zed

Jacynthe a dit...

Je viens tout juste d'apprendre l'existence de ce blog en visitant celui d'un ami. J'aurais aimé lire les billets dans les circontances mais commes les opinions sont intéressantes, je crois que je vais tout lire quand même. Ça pourra toujours me servir pour le futur. On est jamais trop renseigné sur la politique ( et je m'y intéresse trop rarement je l'avoue.)

Bonne journée

camionneuse a dit...

Fiou! J'arrive deux jours avant la fermeture des commentaires. J'aurais été vraiment désolée de ne pas vous dire à quel point votre billet, celui-ci, est très juste, et combien ce que vous avez fait est louable pour la postérité.

Je suis encore sur le quai, je suis descendue du train et je l'ai regardé passer. Et je regarde autour et cette gare est pleine. Plein de gens comme moi qui se demandent pourquoi ils ne peuvent pas être dans le train eux aussi. On voudrait juste une toute petite place, et on ne parlerait pas trop fort. Un ou deux sièges auraient suffi, dans le wagon de queue.

Les politiciens au pouvoir ne veulent pas donner de voie à ceux qui ne pensent pas comme eux, à ceux qui ne votent pas du bon bord. Ils ne veulent pas écouter, ils veulent diriger sans avoir de bâtons dans les roues. Je parlais avec l'un d'eux et non le moindre puisqu'il a déjà été le chef de ce train, il me disait à quel point les groupes de pression alourdissaient les procédures et qu'ils pouvaient plus avancer «comme avant». Mais que faudrait-il faire? Se taire? On a voulu un Québec plus éduqué. Nous l'avons. Mais les gens éduqués, ça ne reste pas là à rien dire, ça parle fort et ça milite selon ses propres idées. Les gens éduqués, ça alourdit un navire, ça met des ancres partout pour s'arrêter, ça change de direction selon ses propres convictions. Le projet de pays est à l'eau, il est resté sur une ile déserte alors que nous partons à la dérive. Quand nous serons d'accord pour trouver la direction à prendre, nous pourrons toujours y revenir. Mais là, que quelqu'un gouverne s'il vous plait!

Définissons nos valeurs ensemble. Elles nous indiqueront toujours la direction à prendre. Quant à moi, le vert m’inspire l’espoir. Parce que si nous n'agissons pas, j'aurai honte de tout détruire ce qui ne peut se reconstruire, j'aurai honte d'être venue sur cette planète pour la souiller, pour tout prendre et ne rien laisser.

Daniel Dubrûle a dit...

Dommage qu'un blogue aussi pertinent durant toute la campagne se fasse pervertir par tant de commentaires anonymes et hargneux.

Les jours et les semaines qui viennent seront l'occasion de vivre et de subir pour certains un triomphalisme adéquiste des plus déplaisant.

Rappelons à ces jubilants citoyens que moins du tiers des électeurs ont voté pour leur programme politique. C'est le même score que les libéraux, certes, mais faites donc le même exercice qu'eux: 68,5% des électeurs vous ont tourné le dos.

Alors on se calme le pompon. On prend une grande respiration et on se retrousse les manches.

Assumez-vous. Signez vos commentaires.

Daniel Dubrûle

LOGIK a dit...

Très intéréssant! Je trouve le message de la fin particulèrement percutant!

Bonne idée ce blog! :)

Au revoir!

Pascal, lecteur depuis le début!

Edouard a dit...

@ Daniel Dubrûle. Moi non plus je n'aime pas les commentaires anoymes. Faut dire que le blogue lui-même n'est pas signé, cependant. Mais c'est la première fois que j'en rencontre un, (un blogueur anonyme) qui ne profite pas de cet "anneau de Gigues" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Anneau_de_Gyg%C3%A8s)
Pour déconner, dire n'importe quoi, en toute impunité. Bravo Gorge!

C'est peut-être par des initiatives du genre de celle-ci que la blogosphère va prendre ses distances du modèle des radios poubelles et favoriser de véritables échanges dans les discussions idéologiques. Et qui sait, peut-être aller encore plus loin que le niveau du "Club des exs" de Simon Durivage.

Bonne continuation, Gorge, comme disent les touristes Français. Psst! Avant de nous quitter, pouvez-vous au moins nous dire votre sexe?

atomicjonas a dit...

Je viens tout juste de découvrir ce blog via embruns et je dois dire que je me suis senti interpellé par ce que j'ai lu dans cet article. Je suis d'accord avec vous lorsque vous affirmez que la société québécoise n'a pas de projet collectif et ne sait pas où elle s'en va. Je suis un québécois vivant à l'étranger et j'ai donc suivi cette campagne de l'extérieur. Ce qui m'a le plus marqué, c'est à quel point les débats importants n'ont tout simplement pas eu lieu. A quel point diverses problématiques de société n'ont pas été abordées(environnement, création de richesse, vieillissement de la population, taux d'imposition élevés, épanouissement de la culture et moyens concrets pour y parvenir...).

Ce que je reprocherais au discours politique, surtout en campagne électorale, c'est de dire exactement ce que les gens veulent entendre avec comme objectif premier de faire le plein de votes. Je trouve que ça manque de sincérité mais en même temps je suis loin d'être cynique; je pense qu'il faut croire dans la démocratie et le meilleur moyen de le prouver, c'est en effet d'y participer activement. Merci pour cet article et je lirai les autres avec beaucoup d'intérêt.

Dre Papillon a dit...

Très belle expérience de blog. Des propos intéressants et pertinents. Les rouages derrière ce grand cirque auquel nous venons d'assister. Une vision humaine des enjeux qui s'y sont déroulés. Merci d'avoir partagé tout ça avec nous, c'est un univers auquel nous n'avons pas accès d'ordinaire !

Dommage que j'aie été si occupée pendant tout le mois et que je n'aie pas découvert ce site plus tôt. Je viens cependant de le lire dans son entier ;)

Sylvain a dit...

Excellent billet que je découvre sur le très très tard (le weekend est commencé depuis une couple d'heures, comme on dit).

Il est en effet facile de nos jours d'être désabusés, désillusionnés (comme on dit quand on parle de lucidité comme d'une absence de projets véritables ou de rêves à réaliser...)

En cette ère de l'individualisme par excellence, avoir des projets collectifs sera d'autant plus difficile... J'espère que nous y parviendrons quand même.

Je vous remercie de laisser ce trésor de réflexion sur la toile. La référence future pourra être utile !

PatTheBrat a dit...

merci encore

Si je vous ai bien compris y'aura pas de prochaine fois...

gorge profonde a dit...

Merci à vous. Un dernier petit mot, si vous me le permettez. J'ai choisi l'anonymat, pas pas peur de mes opinions. Lorsque je commente sur d'autres sites, je signe mes commentaires. Ceci étant dit, pour les fins de cet exercice, l'anonymat était requis. Je ne considère pas l'anonymat comme une permission de tout dire ou tout écrire.
Ceci étant dit, j'accepte les commentaires quand ils ont un sens. Non, je n'ai pas la défaite amère, et je me suis bien gardé de dire que certains adéquistes avaient eux la victoire mesquine.
@ Maxime G.: Votre réflexion a touché une corde chez-moi. J'espère de tout coeur que ma génération n'a pas transmis, comme principal héritage, le cynisme et la désillusion. Rëvez! Mais surtout vivez votre vie!
@Edouard: les anges ont-ils un sexe? Et saluez Hélène de ma part!
@Patthebrat: non, y'en aura pas d'facile!
@ a tous ceux et celles qui viennent de découvrir 33 jours: c'est un peu pour vous que je ne souhaite pas effacer le blogue. D'ici quelques années, nous pourrons nous relire, vous et moi, et mesurer à quel point nous étions à côté de la track! :-)

Daniel Dubrûle a dit...

--- au cas où vous me liriez encore ---

Ma remarque sur l'anonymat ne vous visait pas, mais plutôt les gens qui commentait.

J'aurais du être plus explicite et l'indiquer clairement.

Milles excuses.

En tant qu'auteur de blogue, vous aviez fixé vos règles du jeu et nous les avons acceptés. Au contraire, ne sortez pas de l'anonymat. Je l'ai bien senti que c'était nécessaire pour vous. Et cela nous a permis de comprendre des choses "de l'intérieur".

Merci encore pour cette campagne.

D. Dubrûle