Tout d'abord, des excuses à mes fidèles lecteurs: une erreur du "pitcher" a fait disparaître l'option commentaires sur le billet d'hier. Merci à Edouard de me l'avoir signalé. L'erreur est réparée.
Et puis, ça commence à vous "démanger" d'aller voter, là? Votre ciment personnel est-il pris? Faites-vous partie de la génération des jeunes? Etes-vous un vieux croûton attaché à son vieux parti et incapable d'explorer de nouvelles avenues? Cette campagne est en train de devenir excitante au possible.
Suite et fin du nerf de la guerre.
Pourquoi tous ces gens, que l'on doit nourrir (et bien!) sont-ils importants le jour du vote? Ce sont eux qui permettent aux organisations de suivre la progression de leur vote. Normalement, si le "pointage" a été bien fait, c'est plus de 70% des électeurs d'un comté qui sont identifiés par couleur sur la liste électorale de l'organisateur, le master. Les listes secondaires, par pôle (sections de votes) sont aussi identifiées par couleur.
Au bureau de scrutin, le représentant du parti assis à la table barre votre nom et votre numéro d'électeur. Ce numéro est ensuite encerclé sur une petite liste qui ressemble à une carte de bingo. Ce sont ces petites listes que les "runners" ramassent à toutes les heures, dans chaque bureau de vote, et rapportent au comité électoral, ou votre nom est barré sur la liste électorale "pointée". Cela permet qu'à partir du milieu de l'après-midi, on téléphone aux gens qui n'ont pas encore voté pour leur rappeler que le vote se termine à 20h00, que leur bureau de vote est situé à ..., que leur section de vote est le numéro XXX et que "si vous avez besoin de transport ou d'une gardienne, nous enverrons quelqu'un vous chercher à l'heure qui vous convient".
À partir de l'heure du souper, donc vers 17h00, les "cartes de bingo" sont ramassées encore plus régulièrement et une petite armée se met au téléphone pour faire sortir le vote. La cadence s'accélère, car jusqu'à 7h45, vous pouvez rappeler à vos supporters que leur vote est important. Si le travail de pointage a été bien fait, si vos gens aux tables de vote sont méticuleux, le résultat est impressionnant. J'ai personnellement vu, dans un comté, un pointage si bien fait que la différence entre celui-ci et le résultat final était de 6 votes.
Bref, Edouard, l'argent est le moyen. Mais la qualité de la nourriture que vous promettez à votre équipe, c'est ça le vrai nerf de la guerre. La prévoyance de l'organisateur en chef, doublé de l'expérience, y'a que ça de vrai. Et pour répondre à votre question, oui, les petites caisses clandestines existent, dans tous les partis, et je vous expliquerai pourquoi d'ici la fin de la campagne. Et non, ces dépenses ne sont pas toujours comptabilisées. Il n'y a sûrement pas assez d'inspecteurs du DGEQ pour faire le tour des comités électoraux la journée du vote pour compter le nombre de boîtes de St-Hubert et exiger de voir les factures...
Citation du jour: «On verra le soir de l'élection ce qu'il en est, mais ça prend des fédéralistes pour réformer le fédéralisme», a dit M. Cannon à sa sortie de la Chambre des communes. C'est-tu ça qu'on appelle une vérité de La Palice??? Vraiment!