Et maintenant, que vais-je faire, chantait je ne sais plus qui... Maintenant que le débat est passé, quel est le plan de match?
Chaque parti a passé la journée à sonder, tant au plan national qu'au local. Ce soir, ou tôt demain matin, on aura fait le "cross-walk" des résultats et du pointage, afin de déterminer les circonscriptions ou il faut mettre l'accent. A vue de nez, je dirais qu'on devrait beaucoup voir Charest dans la grande région de Montréal, au Saguenay, en Mauricie et en Gaspésie; Dumont dans la région de Québec, la Mauricie, et dans le bas du Fleuve; Boisclair, enfin, devrait concentrer ses efforts lui-aussi dans la grande région de Montréal, et sur les couronnes nord et sud de celles-ci. Les circonscriptions "sûres" seront très peu fréquentées, mais avec une véritable lutte à trois, elles se résument à bien peu de choses maintenant. Finalement, l'Outaouais ne devrait pas s'attendre à être tellement courtisées, sauf pour le PLQ qui devrait être assez habile pour leur donner l'impression qu'elle n'est pas prise pour acquis. Même chose pour la Côte-Nord et la basse Côte, qui devrait demeurer fidèles au PQ. Bref, si le chef est dans votre patelin, intéressez-vous à vos sondages et à vos candidats locaux...
L'autre question est à savoir si l'histoire du viaduc traînera longtemps dans l'actualité. Trop, c'est comme pas assez. Dumont a semé le doute, mais son attitude d'aujourd'hui, à la limite du chien enragé après son nonosse, risque de se retourner contre lui. A mon avis, pas heureux cette histoire de partir après Pierre-Marc Johnson. S'il en est un qui a remarquablement réussi le passage de la politique au privé, c'est bien lui. L'accuser d'être à la solde des libéraux, c'est un peu gros. Charest doit être encore plus "Premier ministre" dans cette histoire et continuer de marteler que si le moindre doute avait été là, les mesures nécessaires auraient été prises. Malheureusement, lui-aussi a une côte de crédibilité à remonter. C'est donc dommage que son ministre des transports ne s'appelle pas Phillipe Couillard... Quant à Boisclair, dans cette histoire, il a trouvé le ton juste. Pas encore assez pour lui assurer le poste de premier ministre, mais le débat d'hier lui a redonné confiance en lui. Espérons seulement que sa gang de belles-mères sera sage d'ici le 26.
Dernier point, grave erreur de jugement de l'entourage de Charest de ne pas avoir respecté l'engagement de rencontrer la fédération québécoise des municipalités. C'est en plein le public cible de Mario Dumont, ça. Et un maire de petite municipalité, c'est pesant.
Franchement, cette campagne s'avère plus intéressante qu'elle ne s'annonçait, vous ne trouvez pas?
Citation du jour: «J'appelle ça la fascination du marteau, a-t-il ironisé. On n'est pas pour ou contre un marteau. C'est un outil, un instrument. On se sert du marteau, oui d'accord, mais l'objectif, ce n'est pas le marteau. On n'est pas des référendistes. On ne cherche pas à réaliser des référendums, on veut faire la souveraineté.» Jacques Parizeau. Référendistes? Promis, ce sera dans l'édition 2009 du Larousse illustré, avec la photo des chefs péquistes.
mercredi 14 mars 2007
mardi 13 mars 2007
Jour 13
Première partie (19h34). A cette heure-ci, la nervosité est à son comble. Les chefs n'ont probablement pas été capables d'avaler quoi que ce soit, si ce n'est du café. Leur entourage picosse dans les crudités, les noix, les plateaux de fromage, l'estomac trop noué pour manger. Les équipes sont parties, ne restent que l'épouse et les 2 ou 3 proches collaborateurs. Le silence est pesant, et à moins d'une heure, c'est un peu "Allez, qu'on en finisse"...
Le drame, parce qu'il y en a un, c'est qu'au moins 2, si ce n'est 3 de ces chefs, jouent leur avenir politique ce soir. Parce qu'on est ainsi fait: on déteste les perdants, et la tradition qui s'est établie veut qu'un "loser" soit viré, ou se vire lui-même sitôt les résultats de l'élection connus. C'est dommage.
Le PLQ, particulièrement, ne pardonne pas à un chef qui perd le pouvoir. On lui laisse une certaine liberté "surveillée" à l'opposition, mais pas au pouvoir. Le PQ, quant à lui, ne pardonne pas à ses chefs de ne pas être René Lévesque. Et encore là, dans ses derniers milles comme chef du parti, on ne pardonnait pas à René Lévesque de ne plus être LE René Lévesque.
Mario Dumont, c'est une autre histoire. Il peut être le chef. Il lui manque un parti. Un vrai. Un parti avec des racines, des militants, une organisation. Qu'il perde ou gagne, son parti ne réclamera pas sa tête. Mais sa crédibilité personnelle en sera entachée. On peut expliquer la débandade de 2003, pas celle-ci.
Pour ceux que ça intéresse, plusieurs personnes vous blogueront ça en direct.
Deuxième partie. (22h50) C'est pas encore tout à fait l'heure de la bière, mais elle sera bonne en maudit! D'autres vous feront l'analyse poussée des répliques, des enjeux, des performances. Quelques impressions à chaud.
A vue de nez, je partage l'opinion de Liza Frulla: on a joué pour la deuxième place. Malgré un départ très fort de Dumont (son public cible, les jeunes familles, ont sûrement écouté les premières minutes, puis sont allés vaquer à leurs occupations de parents), il a semblé s'essouffler et a manifestement été faible sur la partie de la gestion publique. Lâche les prisons, Mario, ça fait Harper un peu trop! Quant au document, je crois qu'il s'agit d'une erreur stratégique. Pas sûr que ça ne se retournera pas contre lui.
Boisclair semblait endormi au gaz la première heure. Nervosité de débutant. Juste à le voir se triturer les jointures, on sentait qu'il se demandait sérieusement s'il parviendrait à tenir les deux heures. Or, mystérieusement, il s'est réveillé. Je lui donne même la palme de la meilleure citation de la soirée (voir plus bas). Je crois même qu'il aura réussi à redonner un second souffle à sa campagne. Mais les attentes à son égard étaient tellement basses qu'il pouvait difficilement décevoir.
Quant à Charest, c'est triste à dire, mais il est meilleur dans l'opposition qu'à défendre le bilan de son gouvernement. Toute sa fougue, son mordant, pouff! Disparu. On joue défensif, on joue pépère. Même la petite pointe d'humilité (il aurait été difficile, après la sortie de Paradis, de faire autrement) n'aura certainement pas réussi à convaincre personne. Mais, en toute honnêteté, il a joué le rôle du premier ministre et n'a pas trop mal paru. A-t-il gagné? Non, mais il n'a pas non plus perdu trop de plumes. On ne l'aime pas, mais faute de pain, on mange de la galette.
Demain, c'est pas congé. Les partis doivent capitaliser sur les bons coups de ce soir. Le débat et la perception publique qui s'en dégagera, feront cristalliser les intentions de votes chez beaucoup d'indécis ou de "magasineux" de parti. Le prochain sondage devrait faire apparaître un début de tendance. Et il ne reste que 12 jours pour vous décider.
Alors selon vous, qui est le gagnant? Et si vous me répondez Jacques Moisan, vous aurez raison!
Citation du jour: "Pour paraphraser, je dirais que si ça existait, on l'aurait!" André Boisclair, raillant la position autonomiste de l'ADQ . Mon éclat de rire de la soirée. Et un bon jab!
Le drame, parce qu'il y en a un, c'est qu'au moins 2, si ce n'est 3 de ces chefs, jouent leur avenir politique ce soir. Parce qu'on est ainsi fait: on déteste les perdants, et la tradition qui s'est établie veut qu'un "loser" soit viré, ou se vire lui-même sitôt les résultats de l'élection connus. C'est dommage.
Le PLQ, particulièrement, ne pardonne pas à un chef qui perd le pouvoir. On lui laisse une certaine liberté "surveillée" à l'opposition, mais pas au pouvoir. Le PQ, quant à lui, ne pardonne pas à ses chefs de ne pas être René Lévesque. Et encore là, dans ses derniers milles comme chef du parti, on ne pardonnait pas à René Lévesque de ne plus être LE René Lévesque.
Mario Dumont, c'est une autre histoire. Il peut être le chef. Il lui manque un parti. Un vrai. Un parti avec des racines, des militants, une organisation. Qu'il perde ou gagne, son parti ne réclamera pas sa tête. Mais sa crédibilité personnelle en sera entachée. On peut expliquer la débandade de 2003, pas celle-ci.
Pour ceux que ça intéresse, plusieurs personnes vous blogueront ça en direct.
Deuxième partie. (22h50) C'est pas encore tout à fait l'heure de la bière, mais elle sera bonne en maudit! D'autres vous feront l'analyse poussée des répliques, des enjeux, des performances. Quelques impressions à chaud.
A vue de nez, je partage l'opinion de Liza Frulla: on a joué pour la deuxième place. Malgré un départ très fort de Dumont (son public cible, les jeunes familles, ont sûrement écouté les premières minutes, puis sont allés vaquer à leurs occupations de parents), il a semblé s'essouffler et a manifestement été faible sur la partie de la gestion publique. Lâche les prisons, Mario, ça fait Harper un peu trop! Quant au document, je crois qu'il s'agit d'une erreur stratégique. Pas sûr que ça ne se retournera pas contre lui.
Boisclair semblait endormi au gaz la première heure. Nervosité de débutant. Juste à le voir se triturer les jointures, on sentait qu'il se demandait sérieusement s'il parviendrait à tenir les deux heures. Or, mystérieusement, il s'est réveillé. Je lui donne même la palme de la meilleure citation de la soirée (voir plus bas). Je crois même qu'il aura réussi à redonner un second souffle à sa campagne. Mais les attentes à son égard étaient tellement basses qu'il pouvait difficilement décevoir.
Quant à Charest, c'est triste à dire, mais il est meilleur dans l'opposition qu'à défendre le bilan de son gouvernement. Toute sa fougue, son mordant, pouff! Disparu. On joue défensif, on joue pépère. Même la petite pointe d'humilité (il aurait été difficile, après la sortie de Paradis, de faire autrement) n'aura certainement pas réussi à convaincre personne. Mais, en toute honnêteté, il a joué le rôle du premier ministre et n'a pas trop mal paru. A-t-il gagné? Non, mais il n'a pas non plus perdu trop de plumes. On ne l'aime pas, mais faute de pain, on mange de la galette.
Demain, c'est pas congé. Les partis doivent capitaliser sur les bons coups de ce soir. Le débat et la perception publique qui s'en dégagera, feront cristalliser les intentions de votes chez beaucoup d'indécis ou de "magasineux" de parti. Le prochain sondage devrait faire apparaître un début de tendance. Et il ne reste que 12 jours pour vous décider.
Alors selon vous, qui est le gagnant? Et si vous me répondez Jacques Moisan, vous aurez raison!
Citation du jour: "Pour paraphraser, je dirais que si ça existait, on l'aurait!" André Boisclair, raillant la position autonomiste de l'ADQ . Mon éclat de rire de la soirée. Et un bon jab!
lundi 12 mars 2007
Jour 14
C'est demain le grand soir. Mais au-delà des chefs, dont on connaît maintenant à peu près tous les secrets de préparation, l'élément le plus fascinant, ce sont les "spin doctors", ceux qui tenteront d'influencer la perception des médias et du public suite à la performance de leur poulain.
Dans l'ancien temps, lire à l'époque pré-blackberry, la préparation des "spins doctors" égalaient celle des candidats, mais en accéléré. Elle se faisait pendant le débat alors que fébrilement, on prend des notes, on teste quelques lignes avec l'entourage, on écoute les premiers commentaires des analystes pour rectifier le tir et on envoie quelques gros noms du parti parler aux journalistes. Traditionnellement, les "spins doctors" sont des candidats vedettes, ou alors les gens qui sont responsables des communications, à l'exception des attachés de presse, trop occupés à gérer le traffic. Ce sont souvent des ministres pour le parti au pouvoir, ministres reconnus pour leurs liens conviviaux avec la presse parlementaire. Bref, tout se faisait en vase clos, dans les coulisses du débat, et le tout ne dure que quelques heures. Pas pour rien que les chefs font leurs points de presse un peu plus tard. Il faut avoir laissé le "spin doctor" faire son travail.
Depuis l'avénement du blackberry, la dynamique s'est quelque peu modifiée. Toute personne ayant un certain jugement et un brin de sens politique peu être aidante, peu importe sa localisation. Par exemple, au dernier débat fédéral, un copain "spin doctor" m'a rejoint sur mon bb pour me demander quelle serait la ligne à utiliser pour son patron. J'ai répondu, bien que je ne fasse plus de politique active depuis un bout. Mais un copain reste un copain, même si on a pas voté pour son parti. J'avoue une certaine satisfaction à l'avoir lue, texto, dans le journal du lendemain...
J'imagine que demain soir, les bb surchaufferont et que dans la masse de "conseils stratégiques" reçus, il sera difficile, à chaud, de trier le bon grain de l'ivraie, comme disait m'sieur l'curé. Le danger, c'est de court-circuiter l'info et de perdre le fil. Tiens, j'aimerais bien savoir ce que John Parisella, qui a longtemps été le "spin doctor" attitré du PLQ, pense de l'èreblackberry...
Citation du jour: «L'élément-clé, ce n'est pas de gagner le débat, mais de faire mieux que les attentes», croit M. Léger (de Léger Marketing, tiré de Cyberpresse). Bref, si on s'attend à rien, ils vont tous les trois gagner le débat et on finira la campagne dans l'allégresse! Yes! Yes! Yes! Ça devait donc être simple dans le temps de Lesage et Johnson père.
Dans l'ancien temps, lire à l'époque pré-blackberry, la préparation des "spins doctors" égalaient celle des candidats, mais en accéléré. Elle se faisait pendant le débat alors que fébrilement, on prend des notes, on teste quelques lignes avec l'entourage, on écoute les premiers commentaires des analystes pour rectifier le tir et on envoie quelques gros noms du parti parler aux journalistes. Traditionnellement, les "spins doctors" sont des candidats vedettes, ou alors les gens qui sont responsables des communications, à l'exception des attachés de presse, trop occupés à gérer le traffic. Ce sont souvent des ministres pour le parti au pouvoir, ministres reconnus pour leurs liens conviviaux avec la presse parlementaire. Bref, tout se faisait en vase clos, dans les coulisses du débat, et le tout ne dure que quelques heures. Pas pour rien que les chefs font leurs points de presse un peu plus tard. Il faut avoir laissé le "spin doctor" faire son travail.
Depuis l'avénement du blackberry, la dynamique s'est quelque peu modifiée. Toute personne ayant un certain jugement et un brin de sens politique peu être aidante, peu importe sa localisation. Par exemple, au dernier débat fédéral, un copain "spin doctor" m'a rejoint sur mon bb pour me demander quelle serait la ligne à utiliser pour son patron. J'ai répondu, bien que je ne fasse plus de politique active depuis un bout. Mais un copain reste un copain, même si on a pas voté pour son parti. J'avoue une certaine satisfaction à l'avoir lue, texto, dans le journal du lendemain...
J'imagine que demain soir, les bb surchaufferont et que dans la masse de "conseils stratégiques" reçus, il sera difficile, à chaud, de trier le bon grain de l'ivraie, comme disait m'sieur l'curé. Le danger, c'est de court-circuiter l'info et de perdre le fil. Tiens, j'aimerais bien savoir ce que John Parisella, qui a longtemps été le "spin doctor" attitré du PLQ, pense de l'èreblackberry...
Citation du jour: «L'élément-clé, ce n'est pas de gagner le débat, mais de faire mieux que les attentes», croit M. Léger (de Léger Marketing, tiré de Cyberpresse). Bref, si on s'attend à rien, ils vont tous les trois gagner le débat et on finira la campagne dans l'allégresse! Yes! Yes! Yes! Ça devait donc être simple dans le temps de Lesage et Johnson père.
dimanche 11 mars 2007
Jour 15
Un vieux sage disait qu'en politique, on a intérêt à garder ses ennemis tout près de soi. C'est manifestement ce que Jean Charest n'a jamais compris. En écartant Pierre Paradis de son conseil des ministres, il venait de se créer un ennemi qui n'attendait que le moment propice pour abattre ses cartes. Et aujourd'hui, il a commencé à ouvrir son jeu. Dans son cas, il pourra difficilement plaider le lapsus. Ou l'erreur bébête. Aguerri comme pas un, c'était un "move" calculé.
Paradis sera réélu dans son comté. Depuis le temps, il s'est tissé un énorme réseau de "IOU", et fondamentalement, les gens l'aiment. A l'exception de ceux qui le détestent, évidemment. Parce qu'avec lui, on ne peut pas être tiède. Être député dans l'opposition ou député au pouvoir, quand tu sais que tu n'accèderas pas au cabinet, y'a pas grande différence. Alors autant avoir du fun et faire suer le boss, non? Et je suis convaincu qu'il le fait avec beaucoup de plaisir... et un brin de sadisme.
Pour le reste, performance Dumonesque à TLMP. N'eut été de l'échange avec la fantastique Chantale Hébert, le tout ne serait pas passé à l'histoire. J'admire la journaliste. Sur ce genre de plateau, en face à face avec le politicien, elle n'a pas cillé, n'a pas fait sa "cute" et lui a asséné quelques jabs bien sentis. C'est probablement la première fois de la campagne qu'on voit le fini lisse de Mario Dumont craqueler un peu. Juste un peu. Elle n'a pas été plus douce avec Charest ou Boisclair. Avec Michel David, du Devoir, elle fait partie de ces trop rares journalistes qui ont le sens "historique" et qui vont au coeur des enjeux. Un jugement impitoyable.
Autrement, on sait que la pression monte dans tous les camps en prévision de mardi soir. Elle monte pour les chefs. Elle monte pour l'entourage. Y'en aura pas de facile. Et le lendemain, y'en aura un pour dire que la puck roulait pas pour eux-autres.
Citation du jour: "Monsieur Dumont est un politicien de droite, il s'excite difficilement" Chantale Hébert. Yup.
Paradis sera réélu dans son comté. Depuis le temps, il s'est tissé un énorme réseau de "IOU", et fondamentalement, les gens l'aiment. A l'exception de ceux qui le détestent, évidemment. Parce qu'avec lui, on ne peut pas être tiède. Être député dans l'opposition ou député au pouvoir, quand tu sais que tu n'accèderas pas au cabinet, y'a pas grande différence. Alors autant avoir du fun et faire suer le boss, non? Et je suis convaincu qu'il le fait avec beaucoup de plaisir... et un brin de sadisme.
Pour le reste, performance Dumonesque à TLMP. N'eut été de l'échange avec la fantastique Chantale Hébert, le tout ne serait pas passé à l'histoire. J'admire la journaliste. Sur ce genre de plateau, en face à face avec le politicien, elle n'a pas cillé, n'a pas fait sa "cute" et lui a asséné quelques jabs bien sentis. C'est probablement la première fois de la campagne qu'on voit le fini lisse de Mario Dumont craqueler un peu. Juste un peu. Elle n'a pas été plus douce avec Charest ou Boisclair. Avec Michel David, du Devoir, elle fait partie de ces trop rares journalistes qui ont le sens "historique" et qui vont au coeur des enjeux. Un jugement impitoyable.
Autrement, on sait que la pression monte dans tous les camps en prévision de mardi soir. Elle monte pour les chefs. Elle monte pour l'entourage. Y'en aura pas de facile. Et le lendemain, y'en aura un pour dire que la puck roulait pas pour eux-autres.
Citation du jour: "Monsieur Dumont est un politicien de droite, il s'excite difficilement" Chantale Hébert. Yup.
samedi 10 mars 2007
Jour 16
Il faut une bonne dose de cynisme et d'idéalisme, voire de naïveté pour faire de la politique. Que ce soit comme candidat, ou parmi le personnel politique. En fait, pour être franc, on y entre naïf et on en ressort cynique.
A ce point de la campagne, alors que les chefs et leur entourage se préparent pour le combat/débat de mardi soir, les candidats participent à quelques activités dans leur comté. A proscrire, donner des entrevues de fond qui pourraient embarrasser le chef (à cet égard, Mario Dumont a vite appris la leçon: le tata a été congédié en moins de temps qu'il en faut pour dire hijab!). Et on doit supputer fort, dans les organisations locales, sur l'issue du débat, surtout après la lecture du CROP de ce matin. Je vous fais ma première prédiction de la campagne: ils seront tous gagnants après le débat! Si, si, je vous le jure. Je n'ai pas vu les lignes de presse qui seront préparées par les partis, mais elles tourneront toutes autour du fait que leur chef a eu le dessus, la "ligne qui tue", ou alors l'argument massue. Vous m'en reparlerez mercredi, tiens.
Mais secrètement, il y a des candidats qui doivent se demander dans quel bateau ils ont embarqué. Certains parce qu'ils se savaient "potiche" ou "poteau" - un candidat qui n'a aucune chance de se faire élire, mais qui le fait pour ne pas laisser d'espace vide à côté du nom de son parti sur le bulletin de vote - donc, ceux-là qui tout d'un coup se voient peut-être député et qui ne veulent pas. Ça arrive, vous savez. Un candidat qui se présentait dans un comté fédéral perdu s'est retrouvé, à son corps défendant, député aux lendemains d'une élection, et s'est présenté à l'Assemblée nationale du Québec pour son assermentation. Il a fallu lui expliquer que la Chambre des communes, c'est à Ottawa...
D'autres, qui se voyaient députés, doivent commencer à réaliser que les chances non seulement sont minces, mais qu'ils se retrouveront, le 27 au matin, à la tête d'une équipe décimée, cherchant désespérément des volontaires pour aller enlever leurs pancartes.
D'autres enfin, gros égos parmi les gros égos, voient s'éloigner la limousine ministérielle. Et je parle pas que des actuels ministres du gouvernement Charest. Y'en a tout plein, dans tous les partis (bon, excluons QS et les verts, ils sont quand même un peu réalistes), qui se voyaient déjà à la table du cabinet. Ceux-là trouveront le mois d'avril long et pénible. A moins qu'ils fassent le saut au fédéral, parce que celle-là s'en vient tout de suite après, parole de Gorge profonde!

Citation du jour: «C'est comme un peu toutes les autres campagnes (électorales), ça parle beaucoup, mais on ne va pas en profondeur. C'est assez désolant.» Jacques Proulx, président de Solidarité rurale (tiré de Cyberpresse). Rien à rajouter. Il a tout à fait raison.
A ce point de la campagne, alors que les chefs et leur entourage se préparent pour le combat/débat de mardi soir, les candidats participent à quelques activités dans leur comté. A proscrire, donner des entrevues de fond qui pourraient embarrasser le chef (à cet égard, Mario Dumont a vite appris la leçon: le tata a été congédié en moins de temps qu'il en faut pour dire hijab!). Et on doit supputer fort, dans les organisations locales, sur l'issue du débat, surtout après la lecture du CROP de ce matin. Je vous fais ma première prédiction de la campagne: ils seront tous gagnants après le débat! Si, si, je vous le jure. Je n'ai pas vu les lignes de presse qui seront préparées par les partis, mais elles tourneront toutes autour du fait que leur chef a eu le dessus, la "ligne qui tue", ou alors l'argument massue. Vous m'en reparlerez mercredi, tiens.
Mais secrètement, il y a des candidats qui doivent se demander dans quel bateau ils ont embarqué. Certains parce qu'ils se savaient "potiche" ou "poteau" - un candidat qui n'a aucune chance de se faire élire, mais qui le fait pour ne pas laisser d'espace vide à côté du nom de son parti sur le bulletin de vote - donc, ceux-là qui tout d'un coup se voient peut-être député et qui ne veulent pas. Ça arrive, vous savez. Un candidat qui se présentait dans un comté fédéral perdu s'est retrouvé, à son corps défendant, député aux lendemains d'une élection, et s'est présenté à l'Assemblée nationale du Québec pour son assermentation. Il a fallu lui expliquer que la Chambre des communes, c'est à Ottawa...
D'autres, qui se voyaient députés, doivent commencer à réaliser que les chances non seulement sont minces, mais qu'ils se retrouveront, le 27 au matin, à la tête d'une équipe décimée, cherchant désespérément des volontaires pour aller enlever leurs pancartes.
D'autres enfin, gros égos parmi les gros égos, voient s'éloigner la limousine ministérielle. Et je parle pas que des actuels ministres du gouvernement Charest. Y'en a tout plein, dans tous les partis (bon, excluons QS et les verts, ils sont quand même un peu réalistes), qui se voyaient déjà à la table du cabinet. Ceux-là trouveront le mois d'avril long et pénible. A moins qu'ils fassent le saut au fédéral, parce que celle-là s'en vient tout de suite après, parole de Gorge profonde!
Citation du jour: «C'est comme un peu toutes les autres campagnes (électorales), ça parle beaucoup, mais on ne va pas en profondeur. C'est assez désolant.» Jacques Proulx, président de Solidarité rurale (tiré de Cyberpresse). Rien à rajouter. Il a tout à fait raison.
vendredi 9 mars 2007
Jour 17
J'étais sur le point de me dire que la campagne manque à ce point de substance que de prendre 20 minutes pour venir déballer mes états d'âme était une perte de temps quand on m'a montré... un autre tata.
Vous allez penser que je m'acharne. Même pas. Au pouce carré, difficile de faire mieux. Et puis, j'en ai marre des promesses: 5000$ pour le troisième enfant (est-ce par famille, y compris les familles reconstituées, ou à l'utérus porteur qu'on calcule???) de l'ADQ, -20% sur le montant mensuel de la carte de transport en commun du PQ, un ministre des p'tits vieux du PLQ... Nulle part, je ne vois de vision, nulle part je ne vois de projet de société. Juste un tas de promesses, sur fond d'un air connu de chez-nous c'est chez-vous, dans nos campagnes, lalalalalère...
Dans mon taxi, ce soir, le chauffeur me disait que pour la première fois, ses clients lui parlent très peu de la campagne électorale, et encore moins de leur désir d'aller voter.
Il me reste un espoir: le débat des chefs. Liza Frulla a raconté hier dans La Presse comment se passe les jours avant. Elle m'a scoopé, la mausus!
Citation du jour: À son avis, sa formation politique est la cible d'une «chasse aux sorcières» qui a «dépassé les bornes». Il vaudrait mieux s'attarder à faire le bilan du gouvernement libéral sortant, a-t-il plaidé, en point de presse. Mario Dumont.
Oups...
Et puis tiens, puisque je ne veux pas me faire accuser d'acharnement, fusse-t-il thérapeutique, une autre petite: «Je suis disponible à tout ce que me demandera le parti dont je suis membre», a soutenu M. Landry, qui se dit «ragaillardi» par les derniers jours de la campagne électorale.
Reoups.. Libidum papum papadum!
Et puis tiens, comme je m'amuse : «La nature humaine est telle que nous sommes beaucoup gouvernés par des habitudes. C'est un effort que nous devons faire pour sortir de ces habitudes-là pour aller vers les femmes», a expliqué M. Charest en point de presse.
Nah, bouge pas, mon Jean. Elles iront vers toi! Mais peut-être pas pour ce que tu crois!
Vous allez penser que je m'acharne. Même pas. Au pouce carré, difficile de faire mieux. Et puis, j'en ai marre des promesses: 5000$ pour le troisième enfant (est-ce par famille, y compris les familles reconstituées, ou à l'utérus porteur qu'on calcule???) de l'ADQ, -20% sur le montant mensuel de la carte de transport en commun du PQ, un ministre des p'tits vieux du PLQ... Nulle part, je ne vois de vision, nulle part je ne vois de projet de société. Juste un tas de promesses, sur fond d'un air connu de chez-nous c'est chez-vous, dans nos campagnes, lalalalalère...
Dans mon taxi, ce soir, le chauffeur me disait que pour la première fois, ses clients lui parlent très peu de la campagne électorale, et encore moins de leur désir d'aller voter.
Il me reste un espoir: le débat des chefs. Liza Frulla a raconté hier dans La Presse comment se passe les jours avant. Elle m'a scoopé, la mausus!
Citation du jour: À son avis, sa formation politique est la cible d'une «chasse aux sorcières» qui a «dépassé les bornes». Il vaudrait mieux s'attarder à faire le bilan du gouvernement libéral sortant, a-t-il plaidé, en point de presse. Mario Dumont.
Oups...
Et puis tiens, puisque je ne veux pas me faire accuser d'acharnement, fusse-t-il thérapeutique, une autre petite: «Je suis disponible à tout ce que me demandera le parti dont je suis membre», a soutenu M. Landry, qui se dit «ragaillardi» par les derniers jours de la campagne électorale.
Reoups.. Libidum papum papadum!
Et puis tiens, comme je m'amuse : «La nature humaine est telle que nous sommes beaucoup gouvernés par des habitudes. C'est un effort que nous devons faire pour sortir de ces habitudes-là pour aller vers les femmes», a expliqué M. Charest en point de presse.
Nah, bouge pas, mon Jean. Elles iront vers toi! Mais peut-être pas pour ce que tu crois!
jeudi 8 mars 2007
Jour 18
Plus ça va, plus ce qui me déprime, désespère, décourage, déçoit et n'ayons pas peur des mots, décrisse, c'est de voir que même si les 3 chefs de parti ont tous moins de 50 ans, ils font de la vieille politique.
Entre la campagne en 94 de Daniel Johnson contre Jacques Parizeau, deux hommes qu'on disait d'une autre génération, et celle de maintenant, y'a pas grande différence: mêmes thèmes, mêmes promesses, mêmes menaces. Santé, éducation, souveraineté, fédéralisme... Éducation, santé, souveraineté, fédéralisme... Dans l'ordre ou dans le désordre. Déprimant. Et MarioDumont, même s'il a quelques idées nouvelles, semble calquer son modèle de campagne et de programme sur Stephen Harper. Les anglos appellent ça du "déjà-vu". Les jeunes peuvent bien refuser de s'intéresser à la politique, sauf quand Loco Locass chante "Libérez-nous des libéraux".
Je vous entends ronchonner! Gorge profonde, t'oublies l'environnement. C'est neuf, ça comme thème. C'est jeune, c'est frais, c'est dynamique! Ah oui? Laissez-moi réfléchir... ouais, p'tête ben. C'est vrai qu'en politique, on applique la règle des 3 R: recycler (un programme, une idée, une vision), réutiliser (des menaces, des promesses, des annonces) et réduire (des budgets, la taille de la fonction publique, la dette, le déficit). Ouais, vous avez raison, on est en plein dans le développement durable!
Citation du jour: "J'en ai déjà plein mes bottines, je vais laisser les autres s'occuper de leurs candidats" Mario Dumont, questionné sur le candidat péquiste Philpot.
Bravo! C'est l'application d'un vieux proverbe chinois, dont j'inscris ici une traduction libre: "Ma marde, mais rien que ma marde!"
Entre la campagne en 94 de Daniel Johnson contre Jacques Parizeau, deux hommes qu'on disait d'une autre génération, et celle de maintenant, y'a pas grande différence: mêmes thèmes, mêmes promesses, mêmes menaces. Santé, éducation, souveraineté, fédéralisme... Éducation, santé, souveraineté, fédéralisme... Dans l'ordre ou dans le désordre. Déprimant. Et MarioDumont, même s'il a quelques idées nouvelles, semble calquer son modèle de campagne et de programme sur Stephen Harper. Les anglos appellent ça du "déjà-vu". Les jeunes peuvent bien refuser de s'intéresser à la politique, sauf quand Loco Locass chante "Libérez-nous des libéraux".
Je vous entends ronchonner! Gorge profonde, t'oublies l'environnement. C'est neuf, ça comme thème. C'est jeune, c'est frais, c'est dynamique! Ah oui? Laissez-moi réfléchir... ouais, p'tête ben. C'est vrai qu'en politique, on applique la règle des 3 R: recycler (un programme, une idée, une vision), réutiliser (des menaces, des promesses, des annonces) et réduire (des budgets, la taille de la fonction publique, la dette, le déficit). Ouais, vous avez raison, on est en plein dans le développement durable!
Citation du jour: "J'en ai déjà plein mes bottines, je vais laisser les autres s'occuper de leurs candidats" Mario Dumont, questionné sur le candidat péquiste Philpot.
Bravo! C'est l'application d'un vieux proverbe chinois, dont j'inscris ici une traduction libre: "Ma marde, mais rien que ma marde!"
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